Le projet ISAAC de développement du leadership.
Clare Bonnell
Vue d’ensemble.
Le contexte :
Bien que ISAAC accorde une grande place dans ses statuts et règlements au leadership (à savoir en tant que membre du bureau, membre de comité, direction de comité, membre du Comité Exécutif), aucun programme n’est mis en place pour aider les personnes utilisatrices d’un moyen de CAA au développement de leurs compétences en matière de leadership.
En 2004, la Présidente du Conseil d’Administration présenta au Vice – Président du Comité ISAAC pour les Personnes Utilisatrices de moyens de CAA la nécessité d’une formation au leadership pour ces personnes, de même qu’au Président, qui apporta une aide extraordinaire pour repérer les personnes importantes susceptibles de participer à un tel projet. Puis la Présidente du Bureau repéra les contributions de plusieurs membres d’ISAAC et écrivit une revue de la question.
La Présidente du Bureau, avec l’aide du Vice – Président du Comité pour les Personnes utilisatrices de moyens de CAA, a été invitée par les organisateurs de la Pittsburgh Employment Conference à y présenter cette initiative, en août 2005 à Pittsburgh aux Etats-Unis. Elle gagna l’intérêt et le soutien de plusieurs des participants à cette conférence. D’autres personnes utilisatrices de moyens de CAA furent également identifiées comme étant intéressées par un « Projet de leadership pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA ». Cette question fut aussi retenue comme un domaine pour lequel ISAAC pouvait proposer son aide dans l’enquête de 2005 auprès de ses membres.
Les actions du projet de développement, comme exposées plus bas, posent les questions suivantes :
1. Qui peut et est engagé dans ce projet pour le faire avancer ?
2. Qu’a-t-on appris sur le leadership et le développement du leadership des personnes utilisatrices de moyens de CAA et qui ont eu l’occasion d’exercer une fonction de leadership ?
3. Qu’est-ce qui doit être fait pour accompagner dans leur formation au leadership les personnes utilisatrices de moyens de CAA ?
4. Comment cela peut-il être fait ?
Trois phases dans ce projet ont été identifiées :
Phase 1 : Brainstorming. Grâce à la contribution des personnes utilisatrices de moyens de CAA, les problèmes et les limites seront identifiés et classés par ordre de priorité.
Phase 2 : Développement du programme. Basé sur les résultats de la première phase, un programme abordant cet important domaine sera mis en place, en collaboration avec les personnes qui guideront le développement de ce programme.
Phase 3 : Mise en œuvre et évaluation du programme. Le programme sera mis en œuvre et évalué.
Projet ISAAC de développement du Leadership : Première Phase
RESUME DE LA PHASE 1 DU PROJET DE DEVELOPPEMENT DU LEADERSHIP, PRESENTE A LA CONFERENCE ISAAC DE 2006 EN ALLEMAGNE.
RESUME PREPARE PAR MELINDA SMITH ET ROBIN HURD.
Dans la Phase 1 du Projet ISAAC sur le leadership, un groupe de 17 personnes, utilisatrices de moyens de CAA ou membres de la famille, se livrèrent à un brainstorming sur les obstacles à l’exercice du leadership pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA, en vue de la préparation de la Phase 2 du projet, le développement du programme. Les membres de ce groupe venaient de 8 pays différents et utilisaient des systèmes de CAA variés.
L’objectif du Projet de Leadership est d’amener des personnes utilisant des moyens de CAA et des personnes utilisant la parole à être préparées pour que des personnes utilisatrices de moyens de CAA occupent avec succès des postes de leadership, aussi bien au sein d’ISAAC que dans d’autres cadres. C’est extrêmement important pour ISAAC de travailler autour de ces questions de barrières, car un certain nombre de membres d’ISAAC et quelques uns des leaders sont des utilisateurs de moyens de CAA.
Il est important de noter le changement dans les mentalités que simplement la discussion autour du leadership représente pour les personnes en situation de handicap. Jusqu’à il y a peu, il était rare de trouver des personnes estimant sérieusement que les personnes utilisant une aide de CAA aient un potentiel de leadership. Mais actuellement, beaucoup de personnes, et parmi elles des personnes en situation de handicap elles-mêmes, prennent conscience que, bien que nous ayons fait beaucoup de progrès dans de nombreux domaines, nous pouvons encore largement progresser pour que les personnes utilisatrices de moyens de CAA puissent véritablement réaliser leur pleine participation dans la société.
Au cours de nos discussions, nous avons parlé de trois choses : en quoi cela consiste-t-il d’être un leader, les obstacles à l’exercice du leadership, et quels sont les aides qui ont été utiles aux personnes du groupe ou qui pourraient être utiles pour élaborer des compétences en terme de leadership. Les résultats de ces discussions sont détaillés dans les paragraphes suivants.
SECTION 1 : Les obstacles au leadership pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA.
J’ai eu (Melinda Smith) le plaisir de participer à la première phase du projet de leadership, qui est très engagé et centré sur le travail de fond nécessaire à la réalisation de la phase suivante de cet enthousiasmant projet. Le but de ce projet de leadership est de faire en sorte que certaines instructions importantes soient consignées et disponibles pour les membres d’ISAAC à travers le monde, ce qui procurera aux personnes utilisatrices de moyens de CAA plus de possibilités pour occuper des fonctions de leadership au sein de leur communauté, et de faire partie de la grande communauté des utilisateurs de moyens de CAA.
Quand le forum Leadership a été mis en place sur le site d’ISAAC, j’ai été enthousiasmée de voir d’où venaient les gens, et de quels types de questions ils voulaient débattre. Pour ce qui me concerne, j’ai eu l’impression que c’était très facile de partager des choses franchement et ouvertement. Les relations et l’empathie ont été très encourageantes, et je suis sûre de ne pas parler en mon nom seul, mais également au nom de ceux qui ont alimenté le forum de leurs contributions.
J’aimerais insister sur deux parties dans cette présentation. La première est celle qui concerne les obstacles. Pour la plupart des personnes utilisatrices de moyens de CAA, ces obstacles signifient sûrement plus qu’avoir des déficiences multiples, et autre chose selon qu’on parle peu ou pas du tout. Toutefois, il est important d’admettre que le terme d’accessibilité est bien plus large que la question de savoir si les bâtiments ont une rampe d’accès ou si les toilettes ont une barre d’appui. Nous parlons des multiples obstacles que la plupart des gens ne soupçonnent pas ou auxquels ils ne pensent pas, lors des discussions habituelles sur l’accessibilité et les obstacles.
Les personnes engagées sur le forum ont mis en lumière ces obstacles de façon tout à fait personnelle, mais je ne pense pas être la seule à répondre que la plupart d’entre nous partageons des expériences similaires. Ce sont quelques uns de ces obstacles que le forum Leadership a mis en lumière et discutés.
Les opportunités
Nous avons relevé qu’il existait un manque en termes d’opportunités pour apprendre et exercer les compétences en leadership. Les programmes de formation manquent, pour aider les personnes utilisatrices de moyens de CAA à améliorer leurs compétences en leadership. Ces personnes ont besoin d’un espace pour élaborer leurs connaissances et leur confiance en soi pour être capable de montrer leurs compétences. Les personnes utilisatrices de moyens de CAA doivent pouvoir avoir accès à des aides supplémentaires, pour répondre à leurs besoins spécifiques en communication alors qu’ils occupent des fonctions de leadership. Cela DOIT être une priorité des instructions.
Le temps
Il existe des barrières spécifiques concernant le rapport au temps. Le temps et aussi l’accessibilité. Comme l’a dit un des participants au forum, avant même que ne commence notre journée, il a fallu que nous communiquions avec les auxiliaires de vie qui nous aident pour que nous soyons prêts pour la journée, et quand il faut aller à des réunions, cela peut être difficile quand elles commencent tôt – il devient presque impossible de faire quelque chose. Il faut que les gens prennent conscience que les personnes utilisatrices de moyens de CAA sont très limitées en temps dans leur journée, et cela aurait un impact formidable si les réunions étaient programmées avec plus d’attention, par exemple la mi-journée conviendrait mieux. D’autres obstacles tournent autour de la question du temps. Le temps qu’il faut pour composer un message.
Il y a eu des échanges de discussion sur les façons dont les autres personnes attendent les réponses. Comment pourrions – nous maintenir l’attention dont nous avons besoin de la part de notre interlocuteur. Beaucoup d’entre nous savons ce que l’on ressent quand des personnes qui ne sont pas utilisatrices de moyens de CAA nous pressent, nous interrompent et n’attendent pas de savoir ce que l’on a à dire. Cela engendre d’autres gênes, celles de l’anxiété, et cela affecte notre assurance pour nous engager dans des conversations.
Beaucoup d’entre nous demandent comment attirer l’attention des autres personnes quand nous sommes prêts à parler. Devons – nous faire irruption dans la conversation, couper la parole, et faire selon nos propres règles ? Ne pas savoir quoi faire créer également chez les personnes utilisatrices de moyens de CAA des niveaux d’attente trop bas pour se sentir suffisamment à l’aise pour participer. C’est pourquoi il est important d’avoir des règles de base connues de tous dans les réunions.
Barrières environnementales
Les barrières peuvent venir de l’environnement, comme par exemple la difficulté à être entendu dans un environnement où il y a du monde. La plupart des outils de communication ne peuvent se faire entendre dans une fête ou une salle de réunion bondée.
Les barrières sociales / les attentes / l’isolement
Les barrières sociales concernent encore le manque d’occasions et de support de formation à la fois pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA et pour les personnes non utilisatrices. On ne devient pas sociable sans une certaine pratique, et on ne peut avoir cette pratique que dans l’engagement et l’action. Le forum a reconnu les limites de l’absence de programmes de formation ou de leur trop petit nombre pour augmenter la participation sociale lors de réunions.
Nous avons échangé des idées sur les interactions avec les autres de façon générale. Pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA, c’est un processus très long de se sentir à l’aise dans les interactions avec les autres ; il semble qu’une personne ordinaire ne sait pas spontanément comment interagir avec une personne qui utilise un moyen de CAA. Par exemple, une personne parlante est capable de dire plus de 200 mots par minute, tandis que quelqu’un qui utilise une aide de CAA aura de la chance si elle peut composer une simple petite phrase pendant le même temps.
Ceci renvoie souvent à l’idée négative que les non utilisateurs de moyens de CAA peuvent avoir des niveaux d’attente faibles de la part des utilisateurs. L’idée a été émise que les personnes utilisatrices de moyens de CAA ont souvent très peu de confiance en soi pour participer à des conversations. Ces personnes trouvent difficiles de demander l’aide dont ils ont besoin pour participer. Les personnes utilisatrices de moyens de CAA sont souvent isolées des autres personnes utilisatrices. Il a été également relevé que l’absence d’opportunités pour les personnes utilisatrices de rencontrer d’autres personnes utilisatrices engendrait de l’isolement.
Comment créer un environnement dans lequel une personne utilisatrice d’un moyen de CAA, peu importe sa lenteur, pourrait participer et interagir de façon plus équitable ? Il faut mettre à disposition des programmes de formation afin que les utilisateurs de moyens de CAA puissent faire preuve de plus d’initiative dans un environnement de non-utilisateurs de moyens de CAA. Les règles dans les réunions ou dans un cadre de relations sociales doivent être plus cohérentes au sein d’un environnement CAA en premier lieu, d’ISAAC et des services qui soutiennent les utilisateurs.
SECTION 2 : Qu’est-ce que le leadership, et qu’est-ce que cela signifie pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA ?
Quand ces questions – qu’est-ce qu’un leader et qu’est-ce qui fait un bon leader ? – ont été posées sur le forum, nos idées et points de vue étaient similaires, même si nous avions tout de même chacun notre modèle de leader.
Je pense qu’il est justifié de rappeler qu’il est difficile pour les personnes en situation de handicap en général d’obtenir la reconnaissance et d’être estimé en tant que Leader ; et la tâche est rendue deux fois plus difficile pour quelqu’un qui n’a pas ou peu de parole pour montrer ses capacités de leader et être considéré et respecté en tant que tel. Toutefois en disant ceci, il est important de reconnaître et d’admettre que cette perception est en passe d’être contestée, et que des changements sont en train de se mettre en place. Le forum sur le leadership a été une avancée importante, et un exemple montré par les leaders utilisant un moyen de CAA, non pas seulement pour leur génération, mais également pour nos jeunes générations à venir de personnes utilisatrices de moyens de CAA.
Les participants au forum ont confronté leurs points de vue sur les qualités générales qui font un bon leader. Un bon leader est quelqu’un qui écoute et apprend des autres personnes. Un bon leader est souple dans sa façon de travailler avec les personnes qu’on lui a demandé de diriger. Un bon leader encourage les autres à exprimer leurs opinions, soutient la participation de tous dans le groupe, motive ou inspire le groupe à atteindre ses objectifs et ensuite fête leurs succès. Un bon leader est quelqu’un dont le but est de former d’autres bons leaders. Un leader doit être patient, et ce que les participants au forum veulent dire par là est que le leader doit écouter tous les points de vue du groupe, pour arriver ensuite à la meilleure décision possible. Le leader doit pouvoir accepter les critiques.
Comment un bon leader interagit avec l’équipe
Un bon leader s’entoure d’éminents conseillers. Un leader donne à chaque membre de l’équipe son propre espace dans lequel il peut se mouvoir et être créatif. Un leader est ouvert, honnête, franc et diplomate, et sait faire valoir en tout ces qualités.
Les leaders et la communication
Un leader doit être sûr que tout le monde dans l’équipe comprend quels sont les objectifs principaux en rappelant sans cesse à tous les membres les résultats finaux à obtenir, et le chemin qu’il reste à parcourir pour y parvenir. De bonnes compétences en communication sont essentielles pour exercer un leadership.
Etre capable de bien s’acquitter de ces qualités en tant que personne utilisatrice de moyens de CAA (pour des personnes non utilisatrices en relation avec des utilisateurs engagés dans des rôles de leadership) – signifie qu’il faut qu’il y ait un Guide du Leadership, écrit et utilisé selon ses directives dans un premier temps. Ce Guide peut être adapté et avoir des adjonctions, pour garantir que les utilisateurs de moyens de CAA soient suffisamment pris en compte, de façon à ce qu’il leur soit possible d’exercer leurs qualités de leadership de la même façon que les non-utilisateurs. Pour prendre un exemple personnel et expliquer ce point, je compte sur les participants au forum pour me permettre de faire ça. En 2005, j’ai été l’une des 25 personnes en situation de handicap à être diplômée d’une formation d’un an au leadership. L’enjeu pour moi en tant qu’utilisatrice d’un système de CAA était de mieux comprendre ce qui fait un bon leader, mais aussi de développer une plus grande confiance en moi afin d’être sûre que ma voix, aussi bien en tant qu’utilisatrice de moyen de CAA que de leader, soit entendue.
Au sein d’ISAAC en général, le potentiel des personnes utilisatrices de moyens de CAA en terme de leadership et de reconnaissance de leur leadership est un objectif extrêmement puissant, et je dis au nom de toutes les personnes utilisatrices et non utilisatrices de moyens de CAA que nous devons travailler ensemble à la prise de conscience des possibilités infinies pour les personnes CAA d’aller de l’avant.
SECTION 3 : Suggestions pour la formation
Après avoir identifié les obstacles au leadership pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA et les avoir hiérarchisés, puis discuté de ce que signifie être un leader, le comité a également émis des suggestions pour améliorer les compétences en leadership des personnes utilisant un moyen de CAA à l’avenir.
Tout programme d’aide au développement du leadership pour les personnes CAA doit être mené sur deux fronts. Le premier front doit aider ceux qui utilisent un moyen de CAA à développer leurs compétences et leur confiance en soi ; l’autre front, également important, doit aider les personnes qui parlent à considérer les personnes utilisant un moyen de CAA en tant que leaders potentiels, plutôt que comme des « consommateurs » ou des « clients », et à se familiariser avec les choses qu’elles sont en mesure de faire pour aider ceux qui en ont besoin et qui dépendent d’un système de CAA.
Programme pour les étudiants
Pour des personnes se développant normalement, l’apprentissage des compétences en leadership commence tôt, quand elles sont encore à l’école. Les élèves participent à des groupes de scouts et des clubs, peuvent participer à des conseils de classe ou travailler à un annuaire ou un journal étudiant. Dans chacune de ces situations, ils font l’apprentissage du leadership, en étant guidé par un adulte.
Pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA, il est également souhaitable de commencer à développer les compétences en leadership à un âge précoce. Notre comité a suggéré qu’une sorte de Tutorat Junior pour les élèves utilisant une aide de CAA pourrait être un bon moyen d’y répondre.
En Allemagne, ISAAC-GSC a mis au point un programme de guidance dans lequel les personnes utilisatrices de moyens de CAA suivent 5 modules spécifiques au cours desquels ils apprennent à partager leur expérience avec la CAA devant des publics variés et dans des cadres différents. Des mentors les accompagnent tout au long du processus et consignent leurs progrès.
En Italie, des éducateurs spécialisés et la famille d’un élève utilisant une aide de CAA élaborent un cours qui l’aidera à comprendre ses forces et ses faiblesses, et à exprimer comment la CAA retentit sur sa vie : un point de départ pour développer les compétences en leadership.
Formation pour adultes
En plus d’élaborer pour les étudiants des programmes d’apprentissage du leadership, la formation doit aussi viser à améliorer les compétences de ceux qui ne sont plus étudiants, mais qui souhaiteraient améliorer leurs compétences en leadership.
Aux Etats-Unis, le fauteuil de la Présidence du Bureau de USAAC (le chapitre US de ISAAC), qui est occupé par une personne non utilisatrice de moyen de CAA, est partagé avec une personne utilisatrice d’un moyen de CAA, dans le but que celle-ci apprennent comment travaille le bureau, pour pouvoir éventuellement exercer la fonction toute seule.
Plusieurs personnes utilisatrices de moyens de CAA ont eu l’impression que les cours de commerce qu’elles ont suivi leur ont permis d’apprendre des choses sur le leadership. Une partie importante de la formation au leadership devrait enseigner comment les comités travaillent, comment les organisations prospèrent, etc…
Formation pour personnes non – utilisatrices de moyens de CAA
A côté de ces idées pour développer les compétences des personnes utilisatrices de moyens de CAA, une importante composante de tout programme visant à encourager le leadership des personnes non - parlantes doit comporter une formation pour les personnes non – utilisatrices.
Cette formation doit comprendre les bases de fonctionnement de la communication améliorée et alternative, les adaptations et les aides qui peuvent être nécessaires, et, encore plus important, quelques notions de bases des bonnes pratiques de la CAA. Cette partie de la formation serait plus efficace si elle était faite, au moins en partie, par quelqu’un qui utilise une aide de CAA.
Cette formation aurait pour effet secondaire important d’augmenter la prise de conscience que les personnes qui utilisent un moyen de CAA peuvent être plus que des clients ; ils peuvent être leader, pair et ami !
Projet ISAAC de développement du Leadership Deuxième Phase
Phase 2 du projet de développement du leadership
L’impact de la formation en leadership
L’idée est que quelqu’un qui suit le programme préconisé en leadership se verrait discerner des « modules de formation continue ISAAC en leadership » (CEU) pour prouver sa participation à des activités de leadership « agréées ISAAC ». Une fois qu’un nombre déterminé de modules serait acquis, la personne recevrait son certificat de formation en leadership indiquant qu’elle a passé le niveau ISAAC de formation en leadership, dans des environnements où certaines personnes sont non-parlantes (nous pourrions utiliser le procédé ASHA pour déterminer une « activité » - par exemple un cours, une expérience de terrain, une conférence, une réunion ou un forum de quartier, etc… - qui donnerait les qualifications nécessaires pour délivrer aux participants leurs Modules de formation continue CEU. ISAAC pourrait établir ses propres critères pour les CEU pour les modules de la formation leadership qui seraient donnés, et qui, une fois accumulés pourraient donner un certificat de complément de formation en leadership.)
Un tel certificat serait ouvert aux personnes parlantes et non-parlantes qui sont membres d’ISAAC, et le but serait d’en faire une condition nécessaire pour quiconque chercherait à exercer un rôle de leadership au sein d’ISAAC. Cela pourrait probablement augmenter le nombre de membres d’ISAAC, comme cela s’est produit pour ASHA quand beaucoup de personnes ont adhéré uniquement pour le module.
Les critères seraient basés sur les réponses aux besoins énoncés dans la première phase. Le déroulement pourrait être le suivant :
- Cours / enseignements
- Critères de qualification
- Examen à l’issue des cours
- Certificat de formation complémentaire ISAAC
Rôles des leaders des modules de la phase 2
Développer les cours de formation et identifier les personnes ressources existantes. Chacun des trois modules suivants devra contenir un « cursus » ou un programme pour répondre aux besoins de formation identifiés dans la première phase.
(Nous recherchons encore une ou deux personnes pour le premier module).
ACQUISITION DE CONNAISSANCES – savoir comment fonctionnent les comités ; savoir comment fonctionnent les associations à but non lucratif ; savoir comment organiser des réunions qui tiennent compte du temps nécessaire aux personnes utilisatrices d’un moyen de CAA afin de leur permettre de participer pleinement ; rédiger le Guide pratique du Leader dont il a été question dans la phase 1.
Lois Turner et Ashleigh Dukoff (Barb Collier s’est offert pour être personne ressource).
ACQUISITION DE COMPETENCES – acquérir de la confiance en soi à travers l’expérience ; attirer l’attention pour pouvoir parler ; apprendre à demander et apporter de l’aide, et déterminer quel support est nécessaire ; développer de bonnes compétences communicationnelles en réunion et en exerçant les fonctions de leadership.
Melinda Smith et Den Mukerjhee
DEVELOPPEMENT PERSONNEL – rompre l’isolement en rencontrant d’autres personnes utilisatrices de moyens de CAA ; affirmation de la personnalité ; en finir avec l’idée que les personnes utilisatrices de moyens de CAA ne sont pas capables de tenir des rôles de leadership ; conseil ; équivalence niveau apprentissage ; connaissance de soi (c-à-d connaître ses forces et ses faiblesses).
* Dans chacun de ces trois domaines il y a des composantes communes aux personnes utilisatrices de moyens de CAA ET aux personnes parlantes.
Les leaders des modules contacteront d’autres personnes pour les aider à trouver des personnes ressources. Quand ce sera nécessaire, ils choisiront un module (ou un cours) s’il n’existe pas de ressource.
Quand le cours sera précisé et développé, les critères auxquels devront accéder les activités seront également proposés. Ce sont ces critères qui seront utilisés pour désigner les programmes qui seront acceptés pour les CEUs ; par exemple telle activité (une conférence, une expérience de terrain comme être apprenti auprès d’un membre d’un comité, un programme scolaire, un programme de conférence, etc…) :
1. identification des connaissances et des compétences importantes pour telle composante de la formation leadership.
2. conversations / descriptions / débats autour de l’importance de ces compétences pour les leaders potentiels.
3. débats sur la façon dont les leaders montrent ces compétences dans l’exercice de leur rôle de leadership.
4. acquérir des stratégies spécifiques et des moyens de développer encore plus ces compétences.
Les modules seront une combinaison de conférences / cours, d’expériences de terrain et de formation en ligne. La personne responsable de l’élaboration du module aura en charge l’identification des besoins en ressource et leur mise en place. Ils devront également déterminer le nombre d’heures nécessaires pour obtenir les CEU. Cette information sera utilisée par le « comité central » comme un tout pour déterminer combien de CEU seront nécessaires pour le « Certificat de formation en leadership ».
Calendrier pour le comité de la phase 2
Avril 2007 - Elaboration du projet de cursus et identification des critères pour les activités (tels que décrits plus haut).
Mai 2007 - Réunion entre les leaders de chaque module et ce « comité central » pour discuter des critères communs et adopter les critères pour le Projet de formation en Leadership.
Juillet 2007 - Chaque leader de module et le comité devra identifier les personnes ressources pour mettre en œuvre le programme, ainsi que les domaines pour lesquels la formation a besoin d’être développée.
Pour octobre 2007 - Les leaders des modules et les comités vont solliciter des exposés répondant aux critères identifiés et qui pourront être présentés à la Conférence ISAAC. Cela nécessitera que nous travaillions avec le comité organisateur du programme scientifique de la conférence (Natasha Trudeau et Susan Blockberger) pour énoncer la « formation en leadership » en tant que domaine pour lequel ils recevront des interventions à sélectionner ; cela suppose aussi que ce comité ou un autre fasse partie de la commission de lecture des articles pour juger si les critères basés sur ceux établis en phase 2 sont respectés. Le thème de la conférence est le leadership, et il est d’ores et déjà entendu que le leadership exercé par des personnes utilisatrices de moyens de CAA en fait partie.
Mars 2008 - Il y aura à la conférence un « guide » sous forme de cours, proposant une partie du contenu du module. De la publicité pour le « Certificat de formation en leadership » et le Programme sera faite dans l’Espace d’Echange d’Informations Internationales (IE) et dans le programme de la Conférence 2008.
Août 2008 - Présentation à la Conférence du programme de formation et des éléments qui pourront l’être, dans un cours « guide » ou d’autres présentations ou activités (par exemple un « forum » pour les personnes utilisatrices de moyens de CAA).
Bonnes pratiques
Bonnes pratiques de la CAA
(esquisse de projet proposée par le groupe de travail de la phase 1)
1. Etre conscient que communiquer avec un moyen de CAA est plus long qu’avec la parole. Accorder du temps supplémentaire à la personne qui utilise une aide de CAA.
2. Fournir un ordre du jour ou des notes avant la réunion peut aider la personne qui utilise une aide de communication à préparer ses idées avant et accélérer la communication.
3. Prendre des notes peut être difficile pour la personne utilisatrice d’une aide de CAA. Donner des notes après la réunion peut aider.
4. Il peut être gênant pour une personne utilisatrice d’un moyen de CAA de demander des aides en plus. On peut les fournir. La personne peut aussi dire « non merci ».
5. Des incidents techniques arrivent. Etre compréhensif quand ils se produisent au milieu d’une réunion.
6. Discuter avec les membres de votre groupe de la façon dont ils veulent indiquer qu’ils ont quelque chose à ajouter à la discussion, et ce qu’ils veulent que leurs interlocuteurs fassent pendant qu’ils composent leur message.
7. Programmer des réunions en début ou en fin de journée peut rendre difficile à une personne en situation de handicap d’organiser son propre horaire de soins. A prendre en compte pour trouver le moment de la journée le plus propice pour les réunions.
8. Le partenaire de communication a aussi un rôle important à jouer, mais c’est toujours à l’utilisateur de moyen de CAA d’assumer la responsabilité de sa communication. Merci de respecter les personnes utilisatrices de moyens de CAA comme des membres à part entière de votre équipe.