Le droit fondamental d’un enfant non-parlant à communiquer.
Par Yonit Hagoel Karnieli et Keren Yaniv.
Le jeudi 24 jan vier 2008, une audience s’est tenue à Jérusalem pour la requête administrative d’un enfant non-parlant contre la Municipalité de Jérusalem et le Ministère de l’Education. Il s’agit du cas d’un enfant de trois ans porteur d’une paralysie cérébrale et qui ne parle pas, diagnostiqué indemne de déficience intellectuelle. Pendant l’année 2006, il était dans une classe de rééducation, où tous ses besoins étaient pris en charge par l’équipe, avec une initiation à la CAA, qu’il a été rapide à apprendre. Comme le moment était venu pour l’enfant de passer au niveau supérieur d’éducation et rééducation, une orientation vers un centre de soins spécialisé dans la prise en charge d’enfants ayant des difficultés similaires aux siennes a été recommandée. Au lieu de cela, il a été placé par le Département Education de la Municipalité dans une école de quartier, parce que l’on a pensé que ce serait mieux pour lui d’apprendre dans sa langue maternelle, l’arabe. Il se trouve que cette école n’est pas pourvue en équipements et personnes prenant en charge les questions de communication. Les parents de cet enfant se sont adressés à Bizchut, le Centre Israëlien des Droits de l’Homme pour les Personnes en situation de Handicap, pour avoir de l’aide, tout en gardant leur enfant à la maison pendant cinq mois, sans intervention thérapeutique ni aucun moyen de communication.
Etant donné le long passé de relations étroites entre ISAAC-Israël et Bizchut, il était tout naturel pour les deux organisations d’unir leurs forces, afin de produire les documents pour une audience administrative au nom de l’enfant. La contribution de ISAAC-Israël met en lumière le rôle primordial d’une intervention précoce en CAA pour un enfant en développement, et l’impact dramatique possible si aucune intervention précoce en CAA n’est mise à disposition dans le cycle éducatif. Il a été souligné que la CAA devait être considérée comme faisant partie de la vie des personnes en grandes difficultés de communication, et non comme une forme de traitement sur lequel on peut faire l’impasse dans le cas où l’école ne dispose pas de spécialistes en CAA. Par conséquent, il a été établi qu’il était impératif que l’aide en CAA soit proposée et mise en œuvre par une équipe bien formée et expérimentée (Speech-Language Pathologists et autres professionnels), qui veillera à ce que l’aide de CAA suive l’enfant dans tous ses environnements, à l’école, à la maison, et dans sa communauté.
Bizchut et la Ramat Gan Law School s’occupaient ensemble des aspects législatifs de cette démarche. La contribution de ISAAC-Israël consistait à éclairer les nombreuses personnes engagées dans le processus, et qui n’avaient jamais auparavant été confrontées au monde de la CAA. Au tribunal, le représentant de l’enfant insista sur la nécessité de lui fournir des soins en CAA sans autre délai, sans attendre que l’école de quartier s’équipe en services adéquats pour lui et pour d’autres enfants dans cette situation. Le juge décida que l’enfant soit immédiatement placé dans le centre de soins qui lui avait été recommandé initialement, où il pourrait y avoir une poursuite de l’acquisition et de l’utilisation de moyens de CAA, en association avec les autres prises en charge nécessaires à un enfant porteur de paralysie cérébrale. Il a été décidé que l’enfant y resterait jusqu’à l’assurance que l’autre école soit en mesure de fournir les services en CAA et ceux qui lui sont liés par une équipe hautement qualifiée. Le tribunal a pris acte de la bonne volonté du système éducatif pour l’élaboration et la mise à disposition des moyens nécessaires le plus tôt possible.
Le 24 janvier 2008 sera une date mémorable dans l’histoire de la CAA en Israël, et également en tant que symbole de la collaboration et coopération avec Bizchut, pour qui la mission est de veiller à ce que les personnes en situation de handicap en Israël ne soient niés dans leurs droits fondamentaux de membres de la société.